Splendeurs au jardin confiné

La première fraise a pris sa teinte rouge au bord du potager ; elle sera dégustée tranquillement pour le goûter. Les fleurs rose pâle du cognassier diffusent un parfum délicat. Les bourgeons de pivoines sont prometteurs. Dans les godets, les pieds de courges pointent le bout de leurs feuilles : ils ont tardé à germer et semblent maintenant bien pressés de grandir.

J’ai compté 16 espèces d’oiseaux sur notre tout petit terrain. Les moineaux s’affairent dans les combles. Les mésanges bleues aménagent le nichoir accroché dans le grand chêne, face à la cuisine. Les tourterelles se reposent sur la pergola. La huppe fasciée fait son apparition discrète dans la pelouse à l’heure du petit déjeuner. Un joyeux va-et-vient, du matin jusqu’au soir.

J’observe, inlassablement, le vivant qui se transforme et gagne chaque jour en beauté. De temps en temps je m’arrête et je ferme les yeux pour ressentir. Le vent sur ma peau, la chaleur encore douce du printemps, l’odeur des aromatiques et de l’herbe fraîchement coupée, le bourdonnement des insectes. La sérénité.

Depuis le balcon aussi, je suis la spectatrice de cet élan de vie qui m’entoure. Les jardins des voisins sont autant de théâtres multicolores en pleine évolution. Et alors que les moteurs se sont tus, ce sont des voix que j’entends. Celles d’hommes et de femmes, qui, privés de leur agitation habituelle, tissent de nouveau des liens. A travers les clôtures, par terrasses interposées, on échange ici et là des bonjours, des sourires, des conseils ; on s’informe de l’état de santé, on rend service.

Par ce magnifique jeudi ensoleillé, je mesure ma chance extraordinaire et j’ai une pensée, sincère, amicale, pour tous ceux qui n’ont pas un joli jardin à contempler.

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