Les sangliers de Mortemart

Dans ma quête permanente d’élevages locaux plus éthiques, je me suis rendue à Mortemart.
Là, des sangliers de tous âges circulent librement dans de très vastes espaces. Nourris aux céréales, ils bénéficient également de la végétation naturelle du domaine (forêt de chênes et de châtaigniers). Ils ne semblent pas stressés et sont même habitués à recevoir un petit bout de pain sec des visiteurs. L’abattage et la transformation de la viande sont gérés sur place.

Les sangliers ont mauvaise réputation auprès du public, m’a dit le propriétaire des lieux.

Le sanglier serait méchant. Certes, un sanglier adulte a de quoi se défendre contre un agresseur. Mais comme tout animal sauvage, il aurait plutôt tendance à fuir face à l’humain. Je vous souhaite, un jour, de pouvoir observer des sangliers de près : leurs petits yeux attentifs, leurs grandes oreilles poilues, les jolies rayures des marcassins… A vrai dire, je les trouve plutôt attendrissants.
Le sanglier sentirait mauvais. Que nenni ! Nous sommes ici dans un élevage en plein air, avec une densité faible de bêtes. Bien sûr que ça sent un peu la campagne, mais rien à voir avec l’odeur parfois pestilentielle des élevages hors sol !
Sa viande aurait un goût trop fort. Cette idée-là provient de la viande de sanglier issue de la chasse. La chair d’un animal stressé par les courses-poursuites prend un goût plus fort, pouvant parfois aller jusqu’à la rendre impropre à la consommation. En revanche, il n’y a pas besoin d’être un adepte des viandes très forte pour apprécier le goût du sanglier d’élevage.

La question de l’éthique est épineuse : peut-on prétendre respecter les animaux quand on les maintient en captivité, quand on les exploite, quand on les tue, quand on les mange ? Je n’ai toujours pas réussi à trancher. Ce dont je suis sûre en revanche, c’est que l’agriculture intensive n’est com