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Très bonne visite. Cécile

Splendeurs au jardin confiné

La première fraise a pris sa teinte rouge au bord du potager ; elle sera dégustée tranquillement pour le goûter. Les fleurs rose pâle du cognassier diffusent un parfum délicat. Les bourgeons de pivoines sont prometteurs. Dans les godets, les pieds de courges pointent le bout de leurs feuilles : ils ont tardé à germer et semblent maintenant bien pressés de grandir.

J’ai compté 16 espèces d’oiseaux sur notre tout petit terrain. Les moineaux s’affairent dans les combles. Les mésanges bleues aménagent le nichoir accroché dans le grand chêne, face à la cuisine. Les tourterelles se reposent sur la pergola. La huppe fasciée fait son apparition discrète dans la pelouse à l’heure du petit déjeuner. Un joyeux va-et-vient, du matin jusqu’au soir.

J’observe, inlassablement, le vivant qui se transforme et gagne chaque jour en beauté. De temps en temps je m’arrête et je ferme les yeux pour ressentir. Le vent sur ma peau, la chaleur encore douce du printemps, l’odeur des aromatiques et de l’herbe fraîchement coupée, le bourdonnement des insectes. La sérénité.

Depuis le balcon aussi, je suis la spectatrice de cet élan de vie qui m’entoure. Les jardins des voisins sont autant de théâtres multicolores en pleine évolution. Et alors que les moteurs se sont tus, ce sont des voix que j’entends. Celles d’hommes et de femmes, qui, privés de leur agitation habituelle, tissent de nouveau des liens. A travers les clôtures, par terrasses interposées, on échange ici et là des bonjours, des sourires, des conseils ; on s’informe de l’état de santé, on rend service.

Par ce magnifique jeudi ensoleillé, je mesure ma chance extraordinaire et j’ai une pensée, sincère, amicale, pour tous ceux qui n’ont pas un joli jardin à contempler.

Le brocard « du jardin »

S’il y a bien quelque chose dont je ne me lasse pas, c’est la vue de la faune sauvage dans ce petit espace vert, bordé par les bois, juste derrière le jardin. Des geais, des écureuils, des sangliers, des chevreuils…

Et surtout UN chevreuil.

J’ai pris mes précautions au début. Photographier à travers les vitres, sans me faire voir. Entrouvrir la fenêtre, délicatement. Oser un premier pas dans le jardin en sa présence. Puis un deuxième…

Il s’est habitué aux humains dans les jardins, aux aboiement des chiens, au chant de mes perruches.

Par une belle soirée, je l’ai vu en lisère de bois, loin. N’y tenant plus, je suis sortie sur la terrasse. De fleur en fleur, ses fines pattes l’ont porté plus près. Dès le départ, il m’a sentie, il m’a vue, entendue, c’est certain. Et pourtant, l’élégante silhouette a continué son chemin, droit sur moi. A quelques tout petits mètres de moi.

Un quart d’heure de tête à tête, rythmé seulement par le clic de l’appareil photo et la décapitation de quelques fleurs. Nos deux curiosités face à face, son espièglerie contre ma fascination, sa gourmandise inconsciente face à la prédation potentielle. Je suis inoffensive, mais qu’en sait-il?

C’est le chat qui a mis fin à l’entrevue. Définitivement trop entreprenant pour un premier rencard.

Petites violences ordinaires

Je serais incapable de dire à quel moment les choses ont basculé. Tout s’est passé lentement, insidieusement.

De « Est-ce que ça te dérange si je m’absente fin avril ? » à « Je ne serai pas là ce week-end. »
De « Est-ce que ma sœur peut venir faire du vélo avec nous ? » à « C’est mieux si tu restes à la maison, tu ne pédales pas assez vite pour nous suivre. »
De « Je te trouve vraiment très jolie. » à « Ce serait bien que tu perdes un peu de poids. »
De « J’aimerais bien qu’on emménage ensemble. » à « J’ai mis tes affaires par terre pour que tu ranges. »
« Tu ne cherches pas à t’intégrer dans ma famille. »
« Il n’était pas bien terrible, ce gîte que tu as choisi pour les vacances. »
« Ta nouvelle coupe de cheveux t’a fait prendre dix ans. »
« Tu me manques de respect. »
« Tu ne fais aucun effort. »
« La moindre des choses, ce serait de… »

Les répliques sont toujours restées coincées au fond de ma gorge. Les marques de mépris que je recevais, jour après jour, étaient venues à bout de ma confiance en moi. Pire encore, j’avais fini par craindre l’homme qui régnait en despote dans ma propre maison.

« Je t’aime. » A chaque bisou, à chaque départ, à chaque fin de phrase. Comme un fruit avarié que l’on serait obligé de manger matin, midi, et soir. A en vomir.

De colères muettes en espoirs constamment déçus, mes sentiments ont fini par s’estomper. Puis il y a eu la phrase de trop, celle qui a enfin rendu la situation limpide.
« Mais qu’est-ce que tu fais d’intéressant dans la vie, toi, de toute façon ? »
J’en aurais hurlé de rage.
Il avait raison : dans son ombre, pliée en quatre pour tenter de satisfaire ses exigences, je n’étais plus qu’une version appauvrie de moi-même. Il était grand temps de remettre de l’ordre.

Bye bye, et Merci pour ce moment.

Bouilles de perroquets

Avril 2017, lors d’un petit tour au Bioparc de Doué-la-Fontaine…